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Culture Action Europe fait Scène Ouverte

Conférence européenne de la culture à Marseille

Culture Action Europe – le Forum Européen pour les Arts et le Patrimoine – organisera, du 23 au 25 octobre, son assemblée générale et sa conférence annuelle, à la Friche La Belle de Mai, à Marseille. A cette occasion, deux cent artistes et opérateurs sont attendus des quatre coins de l’Europe et du bassin méditerranéen. Culture Action Europe est la seule plateforme artistique interdisciplinaire relayant la voix du secteur culturel dans les débats européens. Elle regroupe 90 organisations (des réseaux européens représentant des milliers d’organisations actives partout en Europe et au-delà des frontières européennes, des associations nationales, des institutions culturelles indépendantes, des centres de recherche et des institutions publiques ou parapubliques…). Sa conférence annuelle est un moment privilégié d’échanges et de débats pour ses membres et plus largement pour l’ensemble des acteurs culturels. Décryptage des enjeux avec Pascal Brunet, directeur de Relais Culture Europe…

Quel rôle a joué Relais Culture Europe dans l’organisation de ces deux jours de débats et de réflexions ?
Pascal Brunet : Culture Action Europe regroupe des organisations et des réseaux paneuropéens engagés sur les questions culturelles. Pour l’assemblée générale et la conférence annuelle, un membre du pays retenu propose le lieu de la réunion et s’investit dans la préparation de cette dernière. Pour différentes raisons, il nous semblait judicieux que cet événement se déroule à Marseille. La Commission européenne réalise un important travail de réflexion sur le rôle que joue la culture dans les relations extérieurs de l’UE. Il était pertinent de s’interroger sur cette question-là dans une ville qui est tournée vers le Sud de la Méditerranée. D’ailleurs, Marseille, dans sa candidature au titre de capitale européenne de la culture en 2013, met en avant cette dimension euroméditerranéenne. D’autre part, nous pouvions ainsi nous rapprocher des acteurs culturels du Sud de l’Europe, Espagnols, Italiens, Portugais, Grecs… Ces acteurs ne sont pas suffisamment présents dans nos réseaux. Or, il est essentiel que les politiques culturelles européennes intègrent aussi les points de vues de ces pays-là. L’enjeu est donc aussi de profiter de la situation géographique de Marseille pour impliquer dans Culture Action Europe des acteurs du Sud de l’Europe.

Les relations avec l’autre rive de la Méditerranée seront-elles au cœur des débats ?
P. B. : Nous souhaitons aborder l’ensemble des relations extérieures de l’UE et ne pas nous cantonner à la Méditerranée. Un focus sera proposé sur cet espace spécifique, mais nous traiterons aussi des relations avec les autres continents, notamment l’Asie… Un autre focus concernera le rôle des régions dans les institutions européennes et dans les stratégies de coopération extérieure.

Les débats ne sont pas réservés aux seuls membres de Culture Action Europe et sont ouverts à l’ensemble des acteurs et opérateurs culturels.
P. B. :
Bien sûr. Notre but n’est pas de faire de l’entre soi, mais de proposer un large débat sur la politique culturelle de l’Europe. L’objectif n’est pas non plus d’augmenter artificiellement le nombre d’adhérents à Culture Action Europe. En fait, beaucoup d’acteurs culturels sont indirectement membres de notre réseau. Culture Action Europe ne regroupe qu’une petite centaine de structures, mais ces dernières fédèrent près de 7000 acteurs culturels de l’Europe. Maintenant, il est évident que seules des organisations puissantes et structurées peuvent exercer un lobbying efficace au niveau européen. Les relations à l’UE demandent des compétences particulières. Les acteurs culturels sont assez éloignés de cet échelon communautaire. Pourtant, les enjeux sont essentiels. Ne prenons qu’un exemple, quelle position doit défendre L’UE lors des négociations du Gatt sur les questions de propriété intellectuelle ? Nous avons tout intérêt à être à la fois compétents et représentatifs pour pouvoir intervenir dans ces débats extrêmement complexes. Notre réseau travaille pour que la culture occupe une place plus importante dans l’UE et que les acteurs culturels soient mieux entendus.

Comment le milieu culturel qui est très hétérogène pourrait-il parler d’une seule voix ?
P. B. :
Dans d’autres champs de l’action publique, je pense notamment à la défense des droits de l’homme, des structures avec des positions très divergentes ont su se regrouper pour défendre un projet européen commun. Les environnementalistes ont, eux aussi, mis en place une plateforme regroupant onze grandes organisations européennes de l’environnement qui sont pourtant très différentes. La culture doit apprendre à se regrouper ainsi.

Scène Ouverte est donc censée faciliter l’expression d’une position commune sur les grands enjeux culturels du XXIe siècle ?
P. B. :
Pour pouvoir prendre la parole sur ces grands enjeux, il faut d’abord les comprendre. On ne peut pas prendre judicieusement position sur un sujet que l’on ne maîtrise pas. Les opérateurs culturels doivent être conscients des mutations et transformations qui affectent leur profession. Ils doivent aussi intégrer le fait que les réponses ne se situent plus au niveau régional ou national, mais à l’échelle communautaire. Ce n’est qu’ensuite qu’ils pourront adopter une position commune. Il s’agit de permettre aux opérateurs de se situer dans un champs d’action élargi. De plus, il est nécessaire de déclencher des mécanismes de solidarité interne à l’UE et avec le reste du monde. Il faut donc sortir des relations bilatérales pour entrer dans des approches multilatérales. Veut-on une Europe qui dépense des millions pour fermer ses frontières ou une Europe engagée dans des actions de codéveloppement ?

Mais beaucoup d’opérateurs culturels se sentent trop fragilisés structurellement et économiquement pour pouvoir s’impliquer sur ces questions ?
P. B. :
Pourtant le milieu culturel français est globalement très bien armé intellectuellement. Il n’est donc pas démuni pour comprendre ces problématiques même si elles sont très complexes. Je ne nie pas la fragilité des acteurs culturels, mais je pense aussi qu’il y a beaucoup de blocages et de réflexes idéologiques. La France a tendance à entretenir un rapport à sa culture et à sa langue qui l’isole. Pourquoi les coopérations internationales sont elles plus importantes dans les pays de l’Est et du Nord ? Les opérateurs ne sont ni plus riches ni mieux structurés qu’en France, loin de là. Ce n’est donc pas qu’une question de moyens, mais de choix. Qu’est ce qui est déterminant et vital pour le développement du projet ? Les associations culturelles françaises doivent comprendre que l’Europe les concerne au quotidien et n’est pas uniquement l’affaire de grandes structures internationales.

Propos recueillis par Fred Kahn

Scène Ouverte a été organisé en complicité avec Relais Culture Europe. La conférence reçoit le soutien de la Région Provence-Alpes-Côtes d’Azur, de Marseille Provence 2013 (candidate au titre de Capitale Européenne de la Culture 2013) et de l’Office National de Diffusion Artistique. Elle a également bénéficié du partenariat de la Friche La Belle de Mai et de Lieux Publics.

Pour plus d’information :
• Scène Ouverte c/o Culture Action Europe ; 10, rue de la Science ; B-1000 – Bruxelles. T : +32 (0) 2 534 40 02. Site internet : www.cultureactioneurope.org. Mail : marseille2008@cultureactioneurope.org
• La Friche La Belle de Mai : 41, rue Jobin 13003 Marseille. 04 95 04 95 04. www.lafriche.org/

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2 Comments, Comment or Ping

  1. D’abord, je voudrais féliciter les Marseillais et la Provence pour l’élection de Marseille.
    Je découvre ici une initiative très intéressante et certainement très utile. Les acteurs culturels sont trop souvent isolés, mal informés, pas assez structurés …. enfin une initiative qui permettra à tous d’améliorer la communication.
    Bonne continuation à tous,

    Karin

  2. je voudrez être un membre de votre association

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